Hakuna Matata!

Le Parc Kruger et le Mozambique

Hakuna Matata… « il n’y a pas de problème »! C’est bien la ritournelle des 15 derniers jours de notre aventure. Nous sommes partis en famille à la découverte des grands animaux d’Afrique, des plages de cocotiers de l’océan indien et des sourires qui mangent joyeusement les visages des mozambicains.
Pour vous, on rembobine!

Après un chargement méticuleux du 4X4 Defender de notre guide, Gilles, un suisse-breton (excusez du peu!) expatrié en Afrique australe depuis 20 ans, nous sommes surexcités d’accueillir Bruno et David, (le papa et le frère d’fg), ainsi qu’Hélène et Lucile (leurs compagnes) pour un safari tout terrain entre savane, océan et forêts d’acacias.

A peine les embrassades terminées, chacun trouve une place sur un des 7 sièges de la voiture et les sacs sont chargés sur la galerie du toit. Nous quittons l’aéroport de Johannesburg pour filer vers le nord et atteindre le mythique Kruger Parc. Cette dernière étape a une saveur particulière. Nous allons avoir l’occasion de partager avec Bruno son rêve de jeunesse: admirer les somptueux éléphants d’Afrique.

En attendant, les yeux rivés aux fenêtres, les paysages sud-africains défilent et nous quittons peu à peu les mines de charbon à ciel ouvert pour des forêts d’arbres fruitiers et notamment de délicieuses noix de macadamia.

La porte du parc tout juste passée, Bruno coche sa liste de rêves, puisque nous tombons nez à trompes avec un troupeau d’éléphants qui s’abreuvent tranquillement, entre hippopotames et crocodiles, dans une rivière sublimée par le soleil couchant. Les 15 kilomètres qui nous séparent du camping du parc confirment que nous sommes sous les meilleurs auspices : « stop, là, juste à côté, à gauche, des rhinooooos! ». Et oui, chanceux comme pas deux, nous admirons des rhinocéros blancs, vraiment impressionnants, qui mâchouillent nonchalamment leurs brins d’herbes à quelques mètres de notre véhicule.

Le premier montage du campement est concluant, les gestes sont déjà précis dans les faisceaux de nos lampes frontales. Avec bonheur, nous initions le reste de la troupe aux délices du braii et des grands crus sud-af au cours d’un diner de retrouvailles que seule Morphée, contrariée par les vols à rallonge, peut interrompre.

5h30: le réveil est sauvage. Alors que l’alarme carillonne, le son est couvert par les hurlements d’un impala à l’agonie entre les crocs d’une meute de lycaon… Ces chiens sauvages sont en voie de disparition. David les yeux lourds de sommeil dégaine tout de même son appareil photo et tente le cliché magique, celui qui lui permettrait de remporter le concours initié par le parc. A suivre…

Tout le monde en voiture ! Et c’est parti pour notre première journée complète d’observation de cette nature brute où, loin de la pollution, nous respirons à plein poumons les odeurs de la savane, toutes fenêtres ouvertes.

Girafes, antilopes, impalas, kudus, rhinoceros, éléphants, guépards, léopards, crocodiles, hippopotames, grands marabouts, aigles royaux, rolliers, babouins, papillons aux milles couleurs, tortues, iguanes, zèbres, gnous, buffles, nous admirons, pendant ces 3 jours de safari, ces espèces si variées, sous toutes leurs « coutures » ! Seul le lion échappe encore à notre palmarès. Nous appréhendions l’effet « autoroute» du Kruger. C’était sans compter sur Gilles, notre guide avisé, qui connaît les raccourcis, les pistes secrètes, et les chemins égarés.

Nous le suivons donc les yeux fermés lors d’une excursion hors du parc à la découverte du Blyde River Canyon, une pause bienvenue, pour solliciter nos fessiers engourdis après 2 jours de pistes non stop. Nous randonnons sur un chemin technique, sinueux et détrempé, entre formations géologiques improbables et forêt primaire, pour atteindre une piscine naturelle égarée, de toute beauté. Quel doux moment dans cette eau cristalline !

De retour au camp – toujours à la dernière minute pour profiter au maximum des somptueux coucher de soleil rouge et violet – nous préparons un festin de grillades, vins sud africains, salades et fruits exotiques… fil rouge auquel nous ne dérogerons pas jusqu’à la fin du séjour.

Il est déjà temps de quitter l’Afrique du sud par le minuscule et improbable poste frontière de Giryondo, où les douaniers mozambicains dansent et chantent en tamponnant nos passeports! Nous sommes au cœur du Limpopo, extension trans-frontalière du Parc Kruger, mais où les animaux se font plus rares. Ceux-ci rechignent à revenir, craignant les braconniers et ayant en mémoire les années de guerre civile et ses atrocités.

La journée est longue, entre panne mécanique et route en mauvais état. Le trajet est éprouvant : il fait 45°C dans la voiture, le vent qui pénètre par les fenêtres est brulant, comme si un sèche-cheveux furibond nous soufflait ses toutes dernières forces au visage…

Mais une fois les clôtures du parc franchies, quel régal ! Nous sommes bien en Afrique, celle de notre imaginaire : les femmes portent la jupe traditionnelles nonchalamment nouée sur les hanches, des énormes bassines d’eau ou fagots de bois sur la tête, bébé bien enveloppé sur le dos. Les jeunes sont stylés, lunettes de soleil brillantes sur les yeux, sac à dos colorés, ils se déplacent en vieux vélo rouillés sur les pistes chaotiques.

Un minibus nous double. On n’aperçoit que des derrières, pas un seul visage, tant il est bondé! Sur le bas côté, des bambins en uniformes parcourent en riant les dizaines de kilomètres qui les séparent de l’école. Les hommes veulent nous vendre des noix de cajou fraiches bien empaquetées dans leur poche plastique, ou du charbon bien noir, ou une carte SIM prépayée, et pourquoi pas un gros poulet vivant? Des femmes tressent les cheveux d’une petite fille installée sur une chaise en plastique, immobile, patiente. Tout le monde se salue, l’ambiance est décontractée, les kilomètres défilent alors à toute vitesse.

Le premier arrêt dans un village au bord de la route nous permet d’acheter des petits pains ronds délicieux (à la mode portugaise) et des bières 2GM fort rafraichissantes. Dans cette partie du pays, la pauvreté est criante. Un choc après les lodges cossus d’Afrique du sud. Heureusement, les sourires échangés réchauffent un peu les cœurs. La communication s’établit peu à peu, grâce à la langue portugaise, aisément compréhensible et baragouinable par nous autres français. Nous sommes bien en « Terra De Boa Gente » (la terre des gens doux décrite par Vasco de Gama en 1498), tout le monde nous sourit, le soleil brille, que la vie est douce…

Confortablement installés dans la Casa John de Tofo, nous passons trois jours de détente totale au bord des magnifiques plages de l’océan indien. Baignades dans les vagues, séances de surf et bodyboard dans une eau à 26°C, safari marin à la rencontre des dauphins humpback, barbecues de langoustes fraiches et crevettes géantes, cocktails bossa-nova/percussions au coucher du soleil, négociations enflammées au marché local, exfiltrations chirurgicales de scorpions farceurs… Tofo est un petit coin de paradis à l’ombre des cocotiers.

Nous reprenons la route vers le nord, pour la dernière étape de notre périple. Après un safari animalier, puis marin, nous nous attaquons au safari ornithologique.

En chemin nous faisons halte dans un petit village où l’activité est concentré autour du puits. Nous échangeons en anglais avec les enfants et la coiffeuse du village très accueillante. C’est l’occasion d’un drôle de troc : fournitures scolaires contre oranges fraiches. Un des enfants en profite pour nous expliquer la cueillette des noix de cajou (spécialité de la région) et nous montrer son fruit si particulier en forme de poivron.

A la nuit tombée, nous atteignons sur le gong le parc national du Gorongosa tout juste ré-ouvert après les tensions politiques de l’année passée. Nous campons tous les 7 loin des foules mais au milieu des phacochères et des babouins qui s’invitent à notre table.

Il faut se lever en même temps que le soleil pour grimper à bord de la jeep de notre ranger « chouchou » Frazer. Passionné d’oiseaux, il repère en un clin d’œil les plumes colorées et les chants mélodieux des 350 espèces qui batifolent dans ce parc humide aux mille facettes. Pour le plus grand plaisir de la troupe, il stoppe le véhicule ouvert tous les 10 mètres, pour que nous puissions admirer aux jumelles : aigles pécheurs, grandes huppes, outardes, spatules, perruches, pélicans, cigognes noires et autres oiseaux extraordinaires. Il pousse même le professionnalisme jusqu’à utiliser une application smartphone reproduisant le son des volatiles pour mieux les attirer sous le feux de nos objectifs.

Mais il n’y a pas que des oiseaux au Gorongosa : nous apercevons notre premier lion dans de bien triste circonstances. Le jeune lionceau de 11 mois a été victime de braconniers quelques jours plus tôt. Il est parvenu à s’échapper des griffes acérées de leur piège au prix d’une de ses pattes arrière. Il n’est désormais plus capable de suivre le clan. Le prédateur, affaibli, est devenu proie. Ici, le rapport homme animal est bien moins apaisé qu’au Parc Kruger. Les bêtes n’ont pas oubliées les années de guerre civile, ses balles et ses mines. De plus, les braconniers n’en finissent pas d’harceler les grands animaux, qu’aucune clôture ne protège, pour vendre à prix d’or dans le monde entier : défenses, cornes et peaux.

Autant vous dire que la rencontre d’un troupeau de 30 éléphants à la tombée de la nuit nous a vraiment fait peur.
Gg aperçoit la croupe d’un éléphant juste au bord de la route au tout dernier moment. Frazer coupe instantanément le moteur. Une vingtaine de gros adultes se rassemblent immédiatement en cercle autour des petits, et se figent soudain, totalement immobiles. Puis, ils déplacent simultanément leur trompes dans les airs de gauche à droite pour une estimation olfactive du danger, leur vue étant très mauvaise dans la pénombre. Nous sommes totalement silencieux, mi-apeurés, mi-excités. Les minutes sont longues et la nuit est de plus en plus noire. Si ranger Frazer reste calme, le pouls des autres passagers est bien supérieur à la normale. Soudain armé d’un puissant projecteur sorti de la boîte à gants, Frazer décide de rallumer le moteur pour s’éloigner tranquillement du troupeau, mais c’est sans compter sur le jeune éléphant retardataire qui, effrayé par le bruit du moteur, traverse affolé la piste dans un sens puis l’autre juste devant notre véhicule. Au même moment, la matriache en alerte s’avance avec autorité, soulève la poussière en battant des oreilles et pousse un barrissement assourdissant pour nous effrayer. (Breaking news : ça fonctionne)!  C’en est trop pour Lucille, qui tout à coup bilingue, hurle un « Go Go Go noowwwww » dans les oreilles de Frazer. L’éléphante commence à charger, notre souffle devient court, nos pulsations cardiaques battent des records, mais Frazer a déjà sauté derrière son volant et passe la seconde pour nous éloigner du danger…

Bref, que des bons souvenirs! Un dernier diner sous les étoiles et nous devons nous séparer du reste de la troupe… Un peu tristes de partir, mais tellement heureux de rentrer en France! Notre trajet Gorongosa-Paris prend 31h : nous empruntons un taxi 4×4, une avionnette, et un mastodonte, l’A380, qui nous mène à bon port sur le tarmac de Roissy Charles de Gaulle (après une escale détonante à Dubai les bras chargés de grands crus sud-africain!)… Enfin, c’est l’heure des retrouvailles.

  2 comments for “Hakuna Matata!

  1. deniot
    27 mai 2015 at 4:46

    super encore merci pour ce beau voyage partagé
    et comment se passe le retour???
    pas trop dur de ce replonger dans le quotidien!!!
    bises simone

  2. Elo&Yann
    3 juin 2015 at 1:56

    Hello les copains !

    Et bien voilà, nous venons de lire les dernières lignes de votre aventure ! et quelle aventure !
    Un grand merci de l’avoir si bien partagée avec nous, on s’y serait vraiment cru à plusieurs reprises !

    Un peu triste aussi que cela s’arrête on s’était habitué à vous lire et vous regarder quelque part.

    Hâte de se faire un petit skype pour avoir vos impressions du « retour ». Mais on est sûr que les retrouvailles sont au top et que vous allez bien profiter des mois d’été qui arrivent pour voir les gens, partager des bières, des apéros, des souvenirs, du foot et le reste suivra !

    De notre côté on vous attend 😉

    bisous

    Elo&Yann

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *